Moins de 50 ans séparent les Trios de Vivaldi de ceux de Haydn et pourtant le classicisme de ce dernier semble en tout s’opposer à l’esthétique baroque du compositeur italien que l’Europe surnommait le « prêtre roux ». Cet enregistrement présente un corpus d’oeuvres rares composées autour de ce petit instrument d’origine italienne descendant du luth qu’est la mandoline. Les manuscrits d’Antonio Vivaldi indiquent trio per liuto, violino e basso. Aujourd’hui, comme à l’époque, ces oeuvres sont interprétées, soit avec un luth ténor, soit avec un « liuto soprano », qui est, en fait, une mandoline. C’est en 1770 que Franz Joseph Haydn compose pour le luth comme en témoigne les manuscrits conservés à la bibliothèque de Brüssel. La fin du XVIIIème est une époque faste pour la mandoline et particulièrement à Vienne oùMozart, Hummel, Beethoven, Kozeluch, Vanhal… composent pour elle. Nul doute qu’à l’image des trios de
Vivaldi, ces deux cassations de Haydn furent pensées pour s’adapter aux deux types d’instruments. Mais, outre l’élégant Divertimento de Jean Baptiste Vanhal, compositeur autrichien né en Bohème, les compositions les plus originales de ce disque demeurent les oeuvres d’Emanuele Barbella et Valentin Roeser, tous deux compositeurs prolifiques pour la mandoline dont les trios dédiés à leurs protecteurs le Baron de Wurmser et le Duc d’Orléans, rivalisent inventivité, de grâce et de fantaisie.
- Antonio Vivaldi (1678–1741)
- Emanuele Barbella (1718–1777)
- Duo II con basso
- Duo V con basso
- Franz Joseph Haydn (1732-1809)
- C-dur Kassation
- Bb-dur Kassation
- Valentin Roeser (1735-1782) – Sonata IV à trois
- Jean Baptiste Vanhal (1739-1813) – C-dur Divertimento
Alain Aubin et Nicolas Mazmanian forment un duo depuis plusieurs années. Leur découverte des Canciones de Carlos Guastavino a été décisive. Nicolas Mazmanian orne de ses improvisations le corps des airs et invente de vibrantes introductions aux musiques de l’un des compositeurs les plus importants d’Argentine. Génie de l’écriture vocale et de l’invention mélodique, il a laissé plus de deux cents oeuvres, destinées pour la plupart au piano et à la voix. Virtuose du piano, il en maîtrise la volubilité, mais aussi les capacités intimistes et poétiques. D’un romantisme luxuriant, son style tonal se réfère souvent à la musique populaire argentine. Il a aussi fréquenté des grands poètes (Cernuda, Alberti, Borges) qui ont inspiré ses chefs-d’oeuvre. Il incarne le romantisme national argentin. Sa prise de distance avec l’avantgarde argentine en a fait un modèle pour les compositeurs populaires des années 1960. Tout en étant
interprétées dans de nombreux pays par des chanteurs populaires, beaucoup de ses Canciones sont aujourd’hui des fleurons du répertoire classique.
Carlos Guastavino (1912-2000)
- Se equivoco la paloma
- Seis cancion de cuna
- Canciones Populares
- La Rosa y el Sauce
- Quatro canciones Argentina
- Cuatro canciones coloniales
- Siete Canciones sobre poesias de Rafael Alberti
- Tres Canciones sobre poesias de José Iglesias de la Casa
- Las nubes
Notre imaginaire collectif associe presque toujours et spontanément la mandoline à une couleur populaire, à un imaginaire méditerranéen. Si cette corrélation ne repose pas sur une erreur, ce dont la place de la mandoline dans le coeur de tous les publics ne dément pas, bien au contraire, cette vision ne rend compte que d’une réalité partielle, puisque l’instrument est également l’objet d’une attention spéciale de la part de compositeurs de toutes les époques, y compris dans le domaine concertant, ce que le programme du présent disque traduit clairement. Johann Nepomuk Hummel se situe à la frontière entre l’apothéose de l’esthétique classique et le romantisme naissant. Son concerto pour mandoline est l’un des
concerto dévolu à cet instrument les plus réussi de la période classique. Le Concerto pour violon, mandoline et cordes en si bémol Majeur d’Antonio Vivaldi a connu plusieurs visages successifs mais il est présenté ici pour la première fois dans sa physionomie originelle. Le nom de Raffaele Calace, auteur du plus brillant concerto romantique pour mandoline, est synonyme d’élargissement du répertoire de mandoline. Virtuose et compositeur, il n’a eu de cesse que d’intégrer l’instrument à des dispositifs concertants, à des formations de chambre qui démontrent sans conteste combien cette voix populaire de la mandoline peut, sans perdre rien de son âme ni de ses couleurs spécifiques, devenir membre éminent d’une formation de concert quelle qu’elle soit. Quant au Massalia Concerto, Le langage musical de son auteur ne construit pas sur des postulats préconçus : la technique est rigoureusement subordonnée à la
donne poétique, à la nécessité expressive d’un art qui vise d’abord et avant tout à communiquer un élan, un affect, une image.
- Vincent Beer-Demander (1982) – Massalia Concerto pour mandoline, cordes et percussions
- Raffaele Calace (1863-1934) – Concerto n°2 opus 144 per mandolino e archi
- Johann Nepomuk Hummel (1778-1837) – Concerto a mandolino principale, violini,viole, bassi, flauti & corni
- Antonio Vivaldi (1678-1741) – Concerto con Mandolino e Violino obbligati RV458
C’est une rencontre humaine et musicale au conservatoire de Toulouse, qui est à l’origine de cet étonnant duo violon-accordeon. De formation classique, Simon Milone et Grégory Daltin ont tous deux très vite découvert, de nouveaux univers musicaux différents les uns des autres. L’accordéon instruments de musique jazz, populaire, improvisée, et le violon aux origines multiples (musique Tzigane, française, roumaine…), sont deux instruments riches d’une passé incontournable dans le monde musical actuel. La principale intention de ces deux virtuoses a été de solliciter quelques compositeurs d’aujourd’hui tel que Pablo Tognan, Vincent Beer-Demander ou Paul Lay, mettant en lumière des esthétiques musicales des plus variés. Il leur tient à coeur de diffuser et de sensibiliser par ce duo la richesse des musiques écrites aujourd’hui, dépassant les frontières stylistiques tout en conscientisant l’importance que doit avoir le
musicien comme acteur et interprète de son temps.
- Pablo Tognan (1983) – Fôme
- Astor Piazzolla (1921–1992)
- Chiquilin de Bachin
- La Muerte
- Vincent Beer-Demander (1982) – Tango méditerranéo
- Carlos Gardel (1890–1935)
- Paul Lay (1984) – Virgules rythmiques
- Pixinguinha (1897-1973) – Um a zero
Un disque de musique contemporaine consacré aux créations des trois compositeurs interprètes de ce disque : Vincent Beer-Demander, Claude Crousier et François Rossé. Le thème musical de la Follia, se voit décliné, transformé, éclaté dans cet enregistrement qui invite pour la première fois une mandoline à discuter avec une clarinette. Disciple d’Olivier Messiaen, François Rossé nous livre ici une de ses pensées poétiques et philosophiques pour présenter cet opus : Un jour Dieu créa la folie, il l’enduit de glaise et lui donna le souffle… ce fut le sixième jour… le bipède passa son temps à chasser, il inventa des ustensiles pour lancer les projectiles, l’anche gardien veillait à tour de clarinette, sous ses cratères éruptifs, le volcan
d’Ischia secouait les incisives cordes de la mandoline, le vorace pianosaurus erectus éternuait plutôt jurassique… difficile de dénicher ce qui se passe au-dessus des pieds de ces trois mercenaires hors temps dans ce croisement de la parole du son au son de la parole. L’Océan des mémoires sécrètes des champignons qui s’invectivent amoureusement (parfois)… ou s’entrelacent pour mieux transpercer les reflets d’azur de cette féline Méditerranée. Nous pouvons à présent visiter le jardin phonique, les sentiers fleuris, escarpés, rassurants comme les fleurs carnivores, vertigineux, les lianes de l’improvisation tissent les toiles des écritures, les mots chassent les maux et donnent les sons aux songes, les saints aux… diabolica toc!! … …nüß !!! … Là mais ! alors… la visite reste ouverte pendant les travaux…
- Vincent Beer-Demander (1982)
- Variations & Final sur la follia pour clarinette sib et mandoloncelle
- Serenata pour mandole
- Toccata diabolica pour clarinette sib
- François Rossé (1945)
- Improvisation « folie » pour mandoline et piano
- Improvisation « Follia en deçà » pour piano
- Anselma de Triana pour mandole
- Improvisation « Follia au-delà » pour piano
- Improvisation « folie percussive » pour piano
- Nüss pour clarinette basse et mandole
- Improvisation « sage folie »
- Improvisation « Tri-folius »
- Claude Crousier (1947)
- Ton Pouvoir pour clarinette sib et mandoloncelle
- Las Maï pour clarinette basse et grosse caisse au pied
- Là, Mais… pour mandoline, percussions et transformation de son
Un des disques de Vincent Beer-Demander les plus appréciés du public. Accompagné admirablement par la pianiste Anne Guidi, le mandoliniste français nous livre ici une vision renouvelée d’oeuvres de musiques françaises composées par les maîtres que sont Claude Debussy, Maurice Ravel, Gabriel Fauré, Francis Poulenc ou Jean Françaix et des compositeurs vivants qui s’inscrivent dans cette grande tradition de l’école française : Pierick Houdy, Marc Eychenne, André Rossi et Vladimir Cosma. À noter également la première version enregistrée de l’historique Concertino Encore que Claude Bolling compose en 2014 pour Vincent Beer Demander. Le disque clot par une oeuvre brésilienne teintée de musique française dédiée également à Vincent Beer-Demander et signée Hamilton De Holanda, le lumineux concertino Colibri.
- Claude Debussy (1862-1918) – Mandoline
- Maurice Ravel (1875-1937) – Pièce en forme de Habanera & Airs populaires corses
- Gabriel Fauré (1845–1924) – Pièce
- Jean Françaix (1912-1997) – Trois Pièces
- Francis Poulenc (1899-1963) – Sérénade
- Pierick Houdy (1929) – Prélude & Bis
- André Rossi (1954) – Reflets
- Marc Eychenne (1933) – Bagatelles
- Vladimir Cosma (1940) – Romance de Tom et Becky
- Claude Bolling (1930-2020) – Concertino Encore
- Francis Lai (1932–2018) – Romance de mon enfance
- Hamilton de Holanda (1976) – Concertinho Colibri
Un double album entièrement composé et dirigé par Vincent Beer-Demander, à la tête de son Académie de Mandoline de Marseille. Outre, les petits poèmes qui rythment cet album au caractère juvénile, ce disque a l’avantage de présenter et d’alterner des oeuvres de musique de chambre composées pour mandoline solo, deux mandolines, mandoline et mandole… et des oeuvres pour grand orchestre à plectre. La French, triptyque constitué d’une marche Marseillaise, d’une valse Parisienne et d’un final endiablé, contraste avec les deux oeuvres plus pédagogiques que sont la Children Suite et Le Petit Bal des Bêtes. L’occasion de découvrir un répertoire parfaitement adapté aux possibilités techniques et musicales de ces instruments à cordes pincées et de plonger dans l’univers riche, ludique et onirique de Vincent Beer-Demander.
Vincent Beer-Demander (1982)
- Livre d’enfant pour 2 mandolines
- La French pour orchestre à plectre
- Bestiaire pour mandoline
- Chaconne pour orchestre à plectre
- Mandol’in pour mandoline et mandole
- Le Petit Bal des Bêtes pour orchestre à plectre
- Children Suite pour orchestre à plectre
« Naples n’est pas juste une ville, Naples est tout un monde. La musique napolitaine n’est pas juste une musique, mais l’histoire de la musique. Durant des siècles, des centaines de musiciens, d’écrivains, d’artistes, ont été charmés par cette ville. Une ville faite de contradictions. Lorsque l’on se balade sur le « Lungomare di Mergellina », dans le centre historique ou dans les quartiers populaires, on se dit que ce n’est pas le même pays, pas la même ville, mais en réalité ce n’est qu’une question de lumière du soleil ou de la lune. C’est cela Naples, le blanc et le noir, le bleu et le rouge, mais c’est toujours Naples. Sa culture, qu’elle soit populaire ou savante, a toujours su toucher les coeurs, faire rêver, chanter, pleurer ou danser. Il est toujours difficile d’aborder une musique qui porte en soi autant d’histoire, autant d’émotions et de passions, ainsi ce disque a été fait dans le but de vous
montrer par des sons, des images, des odeurs et vous faire partager certains sentiments. Nombreux sont ceux qui ont exploré et revisité la musique napolitaine. Les arrangements ont été écrits avec tout le respect que cette culture mérite, en essayant d’y apporter quelque chose de nouveau, par nos expériences, nos voyages et nos émotions. Ce travail de création vous propose un univers original qui lie tradition et modernité. »
Fabio Gallucci
- Luigi Denza (1846-1922) / Fabio Gallucci – Intro & Funiculì
- Traditionnels napolitains (1850-1950)
- In galera li panettieri, Ciccuzza , Tarantella, Luciana , El relicario, Vesuvio, Lacreme ‘e cundannate
- Giuseppe Fiorelli (1823–1896) – Simmo ‘e Napule paisà
- Nicola Valente (1881–1946) – Napoli libera
- E. A. Mario (1884–1961) – Canzone appassiunata
- Salvatore di Giacomo (1860–1934) / Mario Pasquale Costa (1858-1933) – Napulitanata
- Angelo Romeo (1889–1951) / Luc Detraz – Malatia
- Salvatore Di Giacomo (1860 – 1934) / Enrico De Leva (1867-1955) – E spingule francese
- Enrico Cannio (1874-1949) / Franco Califano (1938 – 2013) – O surdato ‘nnammurato